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Médailles de bronze pour les Belges... en BiologieDix-sept ans et plein de talentLes jeunes biologistes belges ont du talent. Ils viennent de le prouver à l'Olympiade internationale de Biologie, qui s'est tenue du 9 au 16 juillet à Rio Cuarto, au centre de l'Argentine. Ces véritables " jeux olympiques de la biologie " ont vu s'affronter amicalement 47 délégations venues du monde entier, c'est-à-dire 185 d'étudiants de la fin de l'enseignement secondaire. Le gratin de la jeune science biologique mondiale. La Belgique avait envoyé 4 représentants âgés de 17 ans, deux francophones sélectionnés lors de l'Olympiade de biologie, deux flamands issus de la Vlaamse Biologie Olympiade. Après une semaine d'épreuves tant théoriques que pratiques, le palmarès a livré son verdict : Émilie ÉTOUNDI (F, Athénée royal M. Bervoets, Mons) de classe 91e sur 185 et ramène une médaille de bronze, tandis que Simon VANDEN BUSSCHE (N, Klein Seminarie, Roulers) est 108e, également récompensé par du bronze. Pourquoi donc se réjouir de ces scores somme toute moyens ? Replaçons les choses dans leur contexte.
L'équipe belge, fière de ses médaillés Qu'est-ce que l'Olympiade ?L'Olympiade de Biologie vise les étudiants de fin de secondaire. Elle se déroule chaque année dans un pays différent. Tous les domaines de la biologie - et spécialement les plus pointus - font l'objet d'une batterie d'épreuves, théoriquement au niveau de l'enseignement secondaire, mais en fait souvent digne d'une deuxième année d'université ! Cette année, les épreuves de laboratoire portaient ainsi sur de la biochimie (utilisation d'instruments sophistiqués tel le spectrophotomètre pour déterminer grâce à des enzymes la concentration d'une solution de glucose), l'anatomie des plantes (réaliser des coupes microscopiques, les analyser et déterminer ainsi de quel type de plante il s'agit), l'anatomie et le fonctionnement d'animaux (disséquer et observer 3 coquillages, puis en déduire leurs caractéristiques écologiques), la microbiologie (déterminer les caractéristiques de deux souches de bactéries en analysant leur coloration, leurs caractéristiques métaboliques). Émilie a réalisé une remarquable performance ici, qui l'aurait classée parmi les 20 premiers si... s'il n'y avait eu la théorie.. Pas vraiment facile, celle-ci comprenait 82 questions à choix multiple et 52 questions à réponse plus ouverte (calculs, remplissage de grilles-réponses, associations...), couvrant la biologie cellulaire, la physiologie et l'anatomie végétales, la physiologie et l'anatomie animales, la génétique, l'écologie, la systématique, le comportement animal...
L'équipe belge arrive sur le lieu de son voyage d'étude
post-olympique, en Patagonie (Trelew) ; elle pose autour du modèle géant de
manchot de Magellan Amateurs et professionnelsIl reste un hic dans tout ça : les différences de niveau entre les différents pays, et la mentalité avec laquelle ils viennent à l'Olympiade internationale. Les étudiants belges qui participent à l'Olympiade disposent en général de 2 h de cours de biologie par semaine, parfois agrémentés - lorsque l'école a jugé possible et utile de l'organiser - de l'une ou l'autre heure supplémentaire ± intermittente. Ils vont à l'Olympiade imprégnés de l'idée que " l'important c'est de participer ". Dans bien d'autres pays par contre - les jeunes tigres d'Asie, les États-Unis, l'ex-URSS, pour ne citer que ceux-là - l'enseignement peut être autre et la philosophie de participation s'en ressentir. Plus question d'enseignement généraliste ni d'humanités : on forme déjà des spécialistes, parfois avec 6 à 9 h de biologie par semaine. La participation de ces élèves à l'Olympiade est alors souvent axée sur la performance : on vient pour gagner. Les incitants peuvent être énormes dans certains pays : études universitaires payées, bourses d'étude à l'étranger, etc. Que penser de notre enseignement ?On conçoit d'autant mieux le mérite de nos jeunes, véritables " amateurs " confrontés à des " professionnels " issus des nations plus " agressives ". Faut-il alors penser que notre enseignement n'est pas à la hauteur ? La réponse semble plus nuancée... En effet, les " petits " belges se révèlent - à la différence de bien des étudiants " collectionneurs de médailles " - des personnalités ouvertes et promptes à communiquer, manipulant plusieurs langues. Notre enseignement secondaire général dit bien ce qu'il est : général, donc non-spécialisé. A ce titre, il réussit plutôt bien à nos lauréats. Reste que les nations " qui en veulent " misent à fond sur l'éducation des générations montantes ; qui leur donnerait tort ? Notre pays sans ressources naturelles ne peut, lui aussi, finalement compter que sur sa matière grise pour asseoir son avenir. Extrait des résultats
Gérard Cobut, Puerto Madryn, 16 juillet 2006 |